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Critique : The Dark Knight, Le Chevalier Noir
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Le Dark Knight doit relever son plus grand défi et ce n'est pas le Joker qui va lui faciliter la tâche.
Batman Begins fut sans aucun doute LA renaissance filmique du « caped crusader » que tous les fans attendaient depuis l'innommable nanar kitsch de Joel Schumacher qui
avait en son temps enterré la franchise. Repris de main de maître par le génie Christopher Nolan (n'ayons pas peur des mots), les dernières aventures de la chauve souris
prenaient un nouveau et salvateur départ en revisitant, dans une veine réaliste, les origines qui ont conduit le milliardaire Bruce Wayne à revêtir le fameux costume noir du
justicier. Cet objet introductif n'était certes pas parfait, quelques maigres défauts (un montage trop haché lors des scènes d'actions, Katie Holmes) venaient à peine
entacher une indéniable réussite, qui en remontrait aux autres adaptations de comics. Ayant ainsi posé les bases inébranlables d'une future trilogie, Nolan se devait
ensuite de rentrer dans le vif de son sujet et d'offrir une exploration plus profonde, plus forte, plus sombre du mythe "Batman".
Pas la peine de continuer à tourner autour du pot : The Dark Knight, le Chevalier Noir est clairement supérieur à son prédécesseur, tenant toutes ses promesses et pouvant aisément
obtenir le statut de plus grand film de super héros jamais réalisé ! Le genre obtient enfin son chef-d'œuvre … si l'on veut bien mettre de côté Batman, le défi (film de freaks) et
Incassable (analyse intimiste du phénomène). On peut compter sur l'habilité d'écriture des frères Nolan à prolonger naturellement les thématiques illustrées dans Batman
Begins (on passe de la peur à la folie), tout en conservant l'intégralité des qualités du métrage, en les améliorant même...
Nous retrouvons donc notre homme de la nuit, quelques mois plus tard, donnant du fil à retordre aux bandits de Gotham City, victime d'une croissance fulgurante de sa criminalité
(prédite par l'inspecteur Gordon dans l'épilogue du premier). Extension due en partie aux impitoyables exactions du Joker, semant le chaos partout dans la ville. C'est le point de
départ d'un récit plus poussé, plus riche, aux multiples ramifications lui conférant une densité qui ne plaira pas à tous, parce qu'il peut donner l'impression d'une efficacité
amoindrie. Bien évidemment, il n'en est rien.
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Sous les traits d'une œuvre policière (l'une des influences
revendiquées par son auteur est Heat, il n'y a qu'à regarder la scène du braquage de banque pour s'en convaincre), The Dark Knight, Le Chevalier Noir ne se prive
pas de défilés d'explosions et de courses poursuites destructrices (libérées des coupes trop abruptes et pouvant enfin respirer pleinement), elles sont juste dictées par les tenants et
aboutissants scénaristiques, et non le contraire. Christopher Nolan préfère
s'interroger avant tout sur le concept de justice et de son maintien lorsque celle-ci est repoussée dans ses ultimes retranchements, à l'instar de son défenseur, torturé par ses démons
intérieurs ; le réalisateur creuse aussi les limites de son héros en tant que « vigilante » et la dualité de sa conduite, symbolisée à l'écran par les deux méchants d'envergures (ce qui
manquait légèrement au dernier) que sont le pendant positif Harvey Dent/Double-Face et l'antinomique Joker.
Si ce second n'est pas le personnage principal (plus un élément perturbateur
insondable et imprévisible), il est la véritable star de The Dark Knight, Le Chevalier Noir. La composition psychotique et inquiétante d'Heath Ledger, loin du cabotinage princier d'un Jack
Nicholson, emporte les lauriers sur un casting pourtant toujours aussi impeccable. Il est certain que son rôle restera longtemps dans les mémoires et mérite
amplement un Oscar posthume… nous faisant amèrement regretter un peu plus sa tragique disparition. Un immense comédien en devenir s'en est allé, nous laissant ce sublime
héritage.
On pourrait regretter le fait que certains
protagonistes secondaires pâtissent sensiblement de l'opulence du scénario (Morgan Freeman, Michael Caine), que le sort du Scarecrow soit
rapidement expédié en introduction, mais cela est bien peu pour gâcher l'enthousiasme généré par l'éminente matière du projet qu'on n'a pas fini de décortiquer, se concluant sur une tirade
finale jubilatoire ne faisant que provoquer notre impatience quant à un troisième opus. Vite, la suite !
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